21 décembre 2008
Le temps des Fêtes au Québec
Raymond Montpetit
Éditions de l'Homme
285 pages
Résumé:
Depuis plus de quatre siècles, on entend le long des rives du Saint-Laurent retentir chaque hiver les voeux de "Joyeux Noël" et de "Bonne et jeureuse Année!" Si, au début de la colonie, ils n'étaient prononcés que par une poignée d'explorateurs, ces voeux s'échangent maintenant entre des millions de personnes, parents ou amis. Peu d'historiens se sont penchés sur l'étude du Temps des Fêtes au Québec. Pourtant, cet événement définit un style de vie et une culture particulière. À l'aide de textes et de documents iconographiques d'époque, du début de la colonie au 19e siècle, Le temps des Fêtes au Québec trace un portrait de ce que sont les Québécois quand il s'agit de fêter, ce que d'évidence, ils savent faire.
Mon commentaire:
Il existe quantité de livres sur la fête de Noël. Celui-ci, même s'il date de 1978, est particulièrement intéressant car il traite des premières traces de Noël en Nouvelle-France, jusqu'à leur évolution selon différents phénomènes: guerres, conquête, industrialisation, urbanisation, religion, etc. Les premières traces de la fête de Noël au Canada remontent à l'arrivée de Jacques Cartier en 1534. Les journaux et notes de l'époque parlent peu de festivités. Le scorbut faisant des ravages parmi les équipages, moins du quart des premiers explorateurs survivent aux hivers canadiens. Les hivers sont donc sombres et il n'y a pas de place pour la fête. En 1606, l'expédition de Pierre Chauvin fait état de bonne chère et d'abondance de viande. L'hiver et la période des Fêtes est donc marquée par du bon temps, principalement à cause des victuailles disponibles. Cependant, les descriptions de festivités sont très rares et on doit attendre 1624 pour en trouver quelques traces, principalement dû au fait du cercle social des premiers arrivants qui s'agrandit: Samuel de Champlain restait à Québec avec sa jeune épouse et leur entourage se voit augmenté de quelques nouvelles familles. On sait, par exemple, que le groupe fêta les Rois en 1624.
Le volume est rempli d'anecdotes intéressantes. Par exemple, la coutume voulait qu'au Nouvel An, les hommes visitent les voisins et la parenté. Ils prenaient alors un petit verre, une collation et offraient leurs bons voeux. Ils se devaient d'embrasser la femme de la maison... à chaque visite. Celle-ci préparait à manger et à boire pour les visiteurs.
Pour Noël, La revue Populaire de décembre 1925 présentait un menu typique du temps des Fêtes: des cretons, un ragoût de boulettes de porc frais, des tourtières, des patés de porc frais, du boudin, des beignes et des biscuits à la mélasse! Avec le temps et l'industrialisation, les repas sont modifiés. De nombreuses publicités de Coca-Cola ou de soupe en boîte Campbell's vantent les mérites de la famille et du temps sauvé dans la cuisine pour toute ménagère qui se respecte (et donc, plus de temps à passer dans les magasins!). Certaines offres ou slogans font vraiment sourire aujourd'hui.
La tradition de décorer un arbre de Noël nous viendrait d'Allemagne et prend sa source en Alsace. Le premier arbre de Noël décoré au Québec aurait été celui d'une maison de Sorel, en 1781, par un général Allemand. Alors qu'au Jour de l'An, la tradition, qui a longtemps perdurée, était celle, sacrée, de la bénédiction paternelle. À l'époque, le Temps des Fêtes au Québec est ponctué de trois périodes de réjouissances: Noël, qui est principalement un jour religieux où l'on va à l'église et où nous prions; le Nouvel An qui est l'occasion d'échanger des voeux, de faire des visites et, pour les enfants, de recevoir des cadeaux dans un bas; et finallement les Rois, ponctué de réjouissances, de repas festifs et de gâteau des Rois.
Sous l'influence anglaise ainsi qu'à cause de l'urbanisation qui modifie les coutumes, les réjouissances du Nouvel An se retrouvent peu à peu à être célébrées le jour de Noël. Les présents sont offerts à Noël et la fête devient moins religieuse. De nombreux articles de prêtres et de curés dans les journaux invitent à la prudence et au retour à une meilleure conduite. Les danses, bals, boisson, soirées festives où l'on se couche tard, sont vus d'un mauvais oeil. Le Nouvel An devient celui des visites familiales et la fête des Rois tombe peu à peu dans l'oubli, probablement parce que cette fête prolongeait d'une autre semaine le temps des Fêtes, ce que ne peuvent plus se permettrent les gens de la ville qui travaillent à l'usine. On commence alors à idéaliser le temps des Fêtes campagnard, celui de notre enfance... Mais le temps et l'industrialisation ont raison des traditions. Ces modifications apportées aux Fêtes ont encore cours aujourd'hui: Noël est une fête sociale, sous le signe des grands repas et des cadeaux; le Nouvel An devient une fête pour s'amuser et les Rois ne sont pratiquement plus fêtés au Québec.
Rempli de gravures, d'extraits de journaux, de contes, d'articles, de citations, Le temps des Fêtes au Québec est un livre très intéressant qui nous plonge au coeur des Fêtes passées, afin de mieux comprendre les Fêtes présentes.
Quelques extraits:
"La fête est un temps fort de la culture: longtemps à l'avance prévue et préméditée, elle est aussi longtemps après, remémorée et racontée. Quand elle se produit, passé, présent et avenir sont en elle autrement articulés qu'à l'ordinaire, ce qui fait de la fête un moment qui se sait et se veut exceptionnel." p.13
"Il y a fort à parier que pour tous, les Noëls de notre enfance resteront toujours des souvenirs à l'égard desquels les Noëls d'aujourd'hui ne font que pâle figure et faible résonnance..." p.275
18 décembre 2008
Un chien de caractère
Sandor Marai
Albin Michel
224 pages
Résumé:
C'est une petite boule de poils qui gambade et aboie. Il n'est pas beau mais semble avoir de l'esprit et bientôt, grâce à ses maîtres, de bonnes manières... Tchoutora est le nom de ce chiot joyeux que Monsieur a décidé d'offrir à Madame en ce Noël 1928 assombri par la crise économique. Bien qu'attendrissant, le quadrupède se montre vite rétif aux règles que dicte la bonne société à un « être inférieur » de son espèce, et bouleverse de sa turbulente présence la vie du couple...
Mon commentaire:
Sandor Marai est surtout connu pour son roman psychologique Les braises, qui l'a rendu célèbre à travers le monde. Je n'avais jamais lu cet auteur hongrois avant de jeter mon dévolu sur Un chien de caractère, essentiellement à cause de la quatrième de couverture qui parle de deux choses qui me plaisent: les chiens et Noël. Nous sommes en 1928. La crise économique est difficile, même pour les petits bourgeois. C'est l'époque de Noël. Pour la énième fois, Monsieur et Madame se sont promis de ne pas s'offrir de cadeaux. À personne. Ils se promettent régulièrement la même chose, encore plus en cette période un peu sombre et difficile. Cependant, Monsieur a bien remarqué sa femme faire livrer d'étonnants paquets. Il se doit donc de lui trouver un cadeau à son tour. Il arpente les rues et les boutiques à la recherche de la perle rare. Ce ne doit pas être trop cher, puisque le porte-feuille de Monsieur souffre un peu en ce moment.
"L'objet, précisons-le, doit être à la fois utile et superflu, de luxe et d'usage courant; il faut qu'il tienne chaud, qu'il soit en cuir, qu'il soit "drôle" ou tout au moins "pratique", et pourtant, spectaculaire."
Après avoir tourné en rond pendant des heures, il se fait conduire au zoo (?) pour acheter un chien. Un chien, est "l'objet" tout trouvé. C'est utile et superflu. Luxueux et courant. Il tient chaud. Il peut être drôle. Et c'est un cadeau original. Va pour le chien. En ces temps de crise économique, Madame recevra donc pour Noël 1928, un chien nommé Tchoutora. Mais ce chien qui devait être un petit "pouli" de race, s'avère être un "chien de caractère"...
Sandor Marai offre, à travers le portrait de Tchoutora, une critique de la société petite-bourgeoise de son époque. Les apparences, les conventions, et le rapport à l'animal sont froidement analysés. La première partie est très intéressante. Les premières pages sont un questionnement sur la commercialisation et les cadeaux à Noël, ainsi que sur les achats. Cette portion de texte peut très bien s'appliquer de nos jours. Les choses changent... mais pas tant que ça! Le roman se passe donc à Noël et nous assistons à la décision de Monsieur de prendre un chien avec eux, ainsi qu'à l'arrivée de la petite bête, ses découvertes et du même fait, la relation que les gens de la maison développe avec le chien. Le tout est assez amusant, puisqu'on voit que l'auteur a prit beaucoup de temps à analyser le comportement canin. Jusqu'à maintenant, j'étais conquise. La seconde moitié du livre m'a quelque peu refroidie. Tchoutora est gâté pourri par ses maîtres qui n'ont aucune autorité et le laissent faire tout ce qu'il veut (y compris grignoter les livres, les meubles, les vêtements...) Il vieillit donc au fil des mois, pour devenir un chien quelque peu incontrôlable. Il déçoit d'autant plus ses maîtres qu'il n'est pas "de race" comme ils le croyaient, mais un chien "bâtard". Avec un drôle de caractère. Passe alors chez ces bourgeois quantité de spécialistes en psychologie canine pour diagnostiquer le cas de Tchoutora. Tranquillement, à partir de ce moment, l'auteur m'a perdue peu à peu. Je n'ai pas compris cette forme d'humour à aller si loin dans l'absurde. Est-ce toujours une critique de la société bourgeoise? Probablement, mais je n'en ai plus trop compris la teneur... Ensuite, Monsieur veut punir son chien et l'ignore. Le chien quémande de l'attention à son maître qui fait comme s'il n'existait pas. Tchoutora devient de plus en plus agressif, jusqu'à mordre tour à tour, la Bonne, Monsieur et Madame. Les maîtres en ont assez et on sent venir les dernières pages remplies d'une grande tristesse. Pour moi qui aime les animaux, cette histoire m'a fait mal, puisque les maîtres sont tout à blâmer dans ce roman, et c'est Tchoutora qui écope...
Un chien de caractère se veut, comme le dit la quatrième de couverture, une sorte de conte moral. Loin de faire l'apologie de l'animal, l'auteur m'a donné le sentiment de percevoir le chien comme "un être inférieur", pas trop intelligent. Autant la première partie me semble réussie, autant la seconde dégénère, ou du moins, je l'ai ressenti comme telle. Pour avoir toujours eu des chiens, en éduquer un n'est pas "si pire que ça". Le tout dépend souvent des maîtres... et j'ai sentis dans ce roman des maîtres pressés de se débarrasser de "l'objet " devenu gênant. L'écriture de Sandor Marai m'a laissée un peu froide. Je n'ai pas été enchantée spécialement par ce roman. Il se lit bien, se veut tout de même un portrait de la bourgeoisie d'une certaine époque, mais ce n'est pas pour moi une découverte exceptionnelle. Je trouve, cependant, la couverture très belle. Le style de l'auteur cependant, qui tour à tour critique, analyse, s'étend en diverses digressions, ne m'a pas vraiment touchée. Peut-être aura-t-il plus de chance avec vous?
Un extrait:
"La vue, dans la chambre de Madame, d'un certain coussin aux rayures mauves lui inspirait une véritable terreur; pâlissant, le front baigné de sueur, il s'enfuyait éperdument, comme devant Belzébuth ou quelque sinistre apparition d'un messager de la mort, d'un fantôme venu de l'au-delà. Inexplicables sont les peurs superstitieuses des chiens. Tchoutora, qui s'en prenait courageusement à certains électriciens gigantesques, voire à des molosses cyclopéens, se sauvait avec des hurlements plaintifs dès qu'il apercevait le fameux coussin aux rayures mauves."
17 décembre 2008
Y aura-t-il un crime à Noël?
Collectif, présenté par Jean-Pierre Croquet
Éditions du Masque
375 pages
Résumé:
Quand les Rois mages s'improvisent détectives pour retrouver leurs présents disparus, que les bonshommes de neige paraissent se muer en assassins et que les mets de choix du dîner de Noël se volatilisent, à coup sûr, les traditions ne sont plus ce qu'elles étaient ! Mais tout cela n'est rien face aux fantômes vengeurs, aux pères Noël cambrioleurs et à tous les Noël de la terre qui voient arriver les fêtes avec appréhension. Et d'où vient que l'on murmure, à la place des vœux d'usage, cette angoissante interrogation : y aura-t-il un crime à Noël ? Oui, trois fois oui, répondent les auteurs réunis sous la houlette de Jean-Pierre Croquet pour le rendez-vous désormais immanquable de son anthologie, aux couleurs du noir et au parfum de sapin !
Mon commentaire:
Depuis plusieurs années, Jean-Pierre Croquet regroupe et présente des nouvelles policières pour Noël. Noëls rouges, Noëls noirs, Frissons de Noël, Petits crimes de Noël, Du sang sous le sapin, pour n'en nommer que quelques uns, sont des recueils intéressants, hétéroclites, de nouvelles en tout genre ayant pour liens le crime et la belle fête de Noël. Mais sous la plume de ces auteurs variés, où se côtoient auteurs contemporains et classiques, les cadeaux cachent parfois des armes, il y a du sang sous le sapin et les puddings de Noël sont souvent mortels!
Voici donc un petit résumé des nouvelles que contient ce recueil, avec entre parenthèse quelques mots sur mon appréciation de chacune:
Le conte de Noël de Brigitte Aubert
Un représentant de magasin est engagé comme Père Noël cette année-là. C'est un homme (trop) bon, qui se laisse marcher sur les pieds par tous et chacun. Encouragé par un nain de Noël vulgaire et étrange, il finira par péter les plombs... La lecture de ce recueil débutait plus ou moins bien à mon avis, avec cette nouvelle... Je l'ai trouvé très moyenne, violente, vulgaire... pas vraiment à mon goût. J'ai déjà tenté dans le passé de lire Aubert et ça ne m'avait pas réussis.
Sérénade pour un tueur de Joseph Commings
Un soir de Noël, alors qu'il oeuvre auprès d'un orphelinat, le sénateur Banner est mandaté dans la maison d'un grand pianiste: on l'a retrouvé mort dans sa "boîte à musique", sorte d'atelier musical dans son jardin. La gouvernante de sa petite fille s'accuse du crime. Tout porte à le croire, il est vrai, mais c'est sans compter le grand talent de Banner pour élucider les mystères!
J'ai adoré! Une très bonne nouvelle de crime en "chambre close" d'un auteur que je ne connaissais pas! Et dont j'ai maintenant envie de lire d'autres histoires! Excellent!
Sous le regard du berger de Thomas Hardy
Un jeune berger s'occupe d'un immense troupeau dans les colines. Il alterne son tour de garde avec un autre berger, un vieil homme un peu rude. Un soir, alors que le jeune Mills est de garde, il aperçoit un couple qui discute près du dolmen. Il les observe, espionne leur conversation et sera témoin d'un meurtre... qui changera à jamais sa vie et son destin.
Très bonne nouvelle, le revirement de situation est intéressant et la dernière phrase qui laisse planer une sorte de mystère aussi.
Les trois voyageurs de Edward D. Hoch
Hoch réécrit avec cette nouvelle, une partie du voyage des trois Rois Mages. Ces derniers se rendent à la naissance de Jésus, apportant dans leur bagages de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Ils font une alte dans une sorte de petit village, où l'or leur sera volé. Qui a commit le crime? Gaspard est un fin limier et découvrira le criminel!
C'est une nouvelle amusante puisqu'elle place un contexte historique en histoire policière.
La maison de papier de André-Paul Duchâteau
Cette nouvelle met en scène deux personnages historiques: Mme Tussaud et son musée de cire, ainsi qu'un de ses grands amis, Charles Dickens. Les deux font la connaissance de Phineas Taylor Barnum, qui promène son "American Museum" (un "freak show") de villes en villes. Toutefois, l'un de ses principales "attractions" sera la victime d'un crime qui semble impossible...
Une nouvelle intéressante puisqu'elle fait revivre deux personnages célèbres.
Une visite du père Noël de Ron Goulart
Harry Wilkie est un homme pour qui la vie ne fait pas de cadeau. Divorcé trois fois, il a perdu son emploi. Son ex-femme le contacte à quelques jours de Noël afin de savoir s'il peut venir estimer des tableaux qu'elle a trouvé au grenier de sa nouvelle maison. Mais Harry, pour qui tout va mal, voit l'occasion de faire suffisamment d'argent pour vivre pendant quelques années... c'est sans compter une visiter impromptue du Père Noël!
Les quatre Rois mages de Peter Lovesey
Un beau matin de décembre 1895, Watson, assis dans le salon de Sherlock Holmes, reçoit une missive lui demandant de participer à une procession sur la Nativité. Watson accepte, d'autant plus qu'il doit surveiller l'étoile de la procession, qui est en fait une pièce rare incrustée de pierres précieuses. On craint le vol. Heureusement, Holmes sera dans l'assistance... que ferait-on d'ailleurs sans cet inestimable Homes? Excellente nouvelle! Une de mes préférées, puisqu'elle met en scène deux personnages de la littérature que j'adore et qu'elle recrée tout le charme des spectacle de Noël. La vivacité d'esprit de Holmes est comme toujours, remarquable!
L'abominable Bonhomme de neige de Paul Halter
Halter est également un auteur que j'adore et donc, cette nouvelle figure parmi mes préférées. Un soir de Noël, Irving Farrell rencontre dans une ruelle un homme étrange qui lui raconte l'histoire d'un crime commit plusieurs années auparavant. Il lui demande de l'aider à le résoudre... Une histoire de fantômes, de Noël, d'amour et... de bonhomme de neige!
De la coupe aux lèvres de Julian Symons
Rossiter Payne est bouquiniste et s'occupe d'une petite librairie spécialisée en éditions originales et en manuscrits. Ce qui, malgré tout, nous le rend tout de suite sympathique. Je dis malgré tout, car Payne est un homme imbue de lui-même et condescendant. Mais c'est aussi un homme qui organise des vols spectaculaires, bien orchestrés. Il vit richement avec les profits, qui se fondent dans le commerce de sa bouquinerie. Mais les choses ne tournent pas exactement comme il le croyait... Excellent! Une très longue nouvelle haletante, des personnages qui titillent la curiosité et une trame originale! J'adore!
Un Noël au Kensas de Anne Beddingfeld
Cette nouvelle, qui se passe en plein blizzard, au Kensas, au temps des premiers colons, est un véritable coup de coeur! Tellement que j'ai noté les titres écrits par Anne Beddingfeld et que je compte bien les lire prochainement! Cette nouvelle raconte l'histoire d'une famille pauvre de colon, dont le père est parti chasser. Sa femme et ses enfants l'attendent à la maison. Ils sont coupés du monde et leur réserve de nourriture et de bois baisse à vue d'oeil... En attendant l'arrivée du père, un curieux visiteur fera son apparition au seuil de la petite maison et s'invitera dans la famille...
Une femme de caractère de H.R.F. Keating
Les Prothero sont un couple bien comme il faut. Ils n'aiment ni l'extravagance, ni le désordre. La femme est une parfaite Martha Stewart, le mari est directeur de banque. Ils s'apprêtent à fêter Noël à leur façon, retirés dans leur maison, lorsque des voleurs font leur apparition. Mais Mrs Prothero n'est pas femme à se laisser marcher sur les pieds, même avec les plus grands criminels! Excellente nouvelle, vraiment très bien écrit!
Les trois souhaits de Pierre Dubois
Les trois souhaits est une nouvelle un peu bizarre, qui ne m'a pas plu plus que cela. Elle raconte l'histoire d'un homme qui a sauvé un petit garçon et à qui on accorde trois souhaits... Ses souhaits sont pour le moins macabres et l'homme ira se confier au curé du village...
La statue qui marchait sur la neige de Reginald Hill
Cette nouvelle, qui raconte le vol de tous les produits d'un petit-déjeuner dans un hôtel, est plutôt bizarre. J'ai même passé par-dessus les dernières pages. Le personnage principal ne me plaisait pas non plus...
Les fantômes de l'abbaye de Jan Burke
Un coup de coeur que cette nouvelle victorienne, qui se passe dans un vieil abbaye, au coeur d'une famille de Lord. Avec une telle matière, Jan Burke aurait carrément pu publier un roman! La nouvelle nous raconte l'histoire d'une famille, en s'attardant à un certain Noël passé... avant de revenir au présent et de nous raconter la mort - étrange - de l'un d'eux... qui tentera de se rendre justice en revenant hanter ses semblables. Il ne faut pas oublier qu'à l'abbaye tout est possible, même les fantômes! Cette nouvelle, avec un peu d'humour, des personnages taquins, est presqu'un conte. Elle offre aussi une belle façon d'apprivoiser la mort et apporte une jolie pensée à méditer.
Le recueil est complété d'un dictionnaire des auteurs, d'ailleurs très intéressant, et des sources d'où proviennent les nouvelles, dont certaines sont inédites en français. Les nouvelles ne sont pas toutes d'égale qualité. Elles sont variées et il y en a pour tous les goûts. La moitié des nouvelles de ce recueil sont issues de la littérature anglaise. C'est donc intéressant de voir, par exemple, Thomas Hardy (reconnu pour sa "noirceur") écrire un conte de Noël. Des recueils présentés par Jean-Pierre Croquet, j'en ai lu beaucoup. Mis à part Noëls rouges qui n'est plus vraiment édité aujourd'hui (et qui est vraiment excellent), les nouvelles sont en général d'inégale qualité, du moins selon mes goûts personnels. Cependant, Y aura-t-il un crime à Noël? demeure une bonne lecture de saison, qui m'a offert quelques surprises. C'est une lecture qui en vaut la peine, ne serait-ce que pour une poignée de nouvelles coup de coeur et quelques excellentes histoires qui valent la découverte.
Quelques extraits:
"Noël et le meurtre sont habituellement à des années-lumière l'un de l'autre. Mais ce Noël-là, le sénateur Brooks U. Banner trouva l'incroyable crime de Falconridge dans l'énorme chaussette qu'il avait accrochée à sa cheminée." p23 extrait de Sérénade pour un tueur (Joseph Commings)
"Tout Noël était là: [...] un bref intervalle pendant lequel toute la laideur et les travers de la vie des hommes étaient recouverts d'un manteau à la blancheur immaculée. " p.300 extrait de La statue qui marchait sur la neige (Reginald Hill)
15 décembre 2008
Juste à temps pour Noël
Holly Hobbie
Éditions Imagine
32 pages
Résumé:
Le petit bois de Coq-en-Pâte est en pleine effervescence à la veille de Noël. Piccolo se hâte de terminer les derniers préparatifs en attendant le retour de son inséparable ami Tam-Tam. Ce dernier, en voyage bien loin de la maison, se retrouve coincé dans une grosse tempête de neige. Rentrera-t-il à temps pour fêter Noël avec Piccolo?
Mon commentaire:
Deux cochonnets, Tam-Tam et Piccolo, sont de grands amis. Ils vivent loin l'un de l'autre. Noël approche. Tam-Tam envoie une carte postale à Piccolo, lui disant qu'il sera là pour Noël. Ce très bel album, tout en douceur, avec des illustrations amusantes, parle de l'attente. L'attente de la fête de Noël et l'excitation qu'ont parfois du mal à contenir les enfants, mais aussi l'attente d'un être cher qui tarde à arriver. D'un côté, on voit Tam-Tam qui voyage pour retrouver son ami et donc, ses péripéties. De l'autre, Piccolo attend avec impatience l'arrivée de celui qui lui a promit d'être là pour Noël. Piccolo vit dans les bois, dans un coin reculé et difficile d'accès. Certaines illustrations sont en vignettes et montrent l'affairement de Piccolo à préparer une fête de Noël à la hauteur de son ami. On le voit corder du bois, trouver un sapin, faire la cuisine. Il y a tant à faire avant Noël! Alors que de son côté Tam-Tam cherche le moyen d'entrer. Il sera coincé dans la neige, la nuit de Noël, alors que plus rien ne fonctionne dans la ville puisque tout le monde est parti fêter... Mais naturellement comme dans tout bon album de Noël qui se respecte, la magie n'est pas bien loin... et un mystérieux voyageur en traîneau se chargera de réunir les deux amis. L'auteur offre aux petits comme aux grands une histoire pleine de charme. Les petits personnages sont mignons comme tout et le livre, très attirant. L'atmosphère qui se dégage des illustrations est pleine de douceur. Un album à conseiller pour aider à patienter avant la fête de Noël!
À partir de 4 ans.
14 décembre 2008
Pourquoi les hommes détestent les courses de Noël et les femmes font tout un plat des repas de fête?
Allan & Barbara Pease
First Edition
376 pages
Résumé:
Pourquoi la fête de Noël est-elle parfois une telle épreuve ? Pourquoi les hommes sont-ils incapables d'emballer correctement leurs cadeaux ? Pourquoi les femmes récitent-elles des listes à haute voix? Pourquoi les hommes paraissent-ils si désinvoltes au milieu de l'agitation? Pourquoi les femmes sont-elles incapables de faire en sorte que le sapin soit droit? Et pourquoi les hommes le sont, eux? La liste est longue et vous vous reconnaîtrez certainement dans ces questions qui sont le lot quotidien de la plupart des couples pendant les fêtes de fin d'année... Alors pourquoi? Guide de survie à destination des couples pendant les fêtes... et bien au-delà ! La réponse est simple : parce que nous sommes différents.
Mon commentaire:
Voilà un petit livre amusant pour le temps des Fêtes! Les auteurs sont connus pour toutes sortes de livres sur le sujet des différences entre les hommes et les femmes: Pourquoi les hommes n'écoutent jamais rien et les femmes ne savent pas lire les cartes routières et Pourquoi les hommes mentent et les femmes pleurent. Moi, par contre, je ne les connaissais pas. Je suis tombée sur ce livre par hasard. Ça avait l'air amusant alors je me suis dit: pourquoi pas? Et amusant, ce livre l'est! Les auteurs tentent de répondre et d'expliquer pourquoi les hommes et les femmes sont si différents et pourquoi leurs agissements le sont aussi. Naturellement, tout n'est pas à prendre au premier degré. Il y a beaucoup d'humour, beaucoup de blagues sur les hommes et sur les femmes, mais si on est prêts à rire de nous, c'est un petit livre très amusant! Même si, chez moi, Noël ou tout autre événement n'a jamais été un problème (on organise tout à deux, on discute, on échange, on partage les tâches, etc.) je me suis tout de même retrouvée à de nombreuses reprises et j'ai aussi retrouvé les comportements d'hommes et de femmes de mon entourage, dans ce roman. Et c'est très drôle.
Beaucoup de choses s'expliquent par la biologie ou la façon dont notre cerveau est conçu - différemment pour les hommes et les femmes. Je comprends un peu mieux pourquoi les femmes ont toujours l'impression que leurs hommes conduisent la voiture dangereusement alors que les femmes ont souvent du mal à conduire la nuit, pourquoi la majorité des femmes n'ont pas le sens de l'orientation, pourquoi un homme n'arrive jamais à trouver ses bas préférés dans son tiroir ou pourquoi les femmes babillent sans arrêt sur plusieurs sujets à la fois, en sautant du coq à l'âne...
Les différents chapitres abordent tous les aspects reliés à la fête de Noël et la façon dont les hommes, comme les femmes, les perçoivent: les achats reliés à Noël, le stress relié à la fête, la préparation d'un Noël à deux, la tension qui peut grimper au fil des jours, les reproches que se font les hommes et les femmes, recevoir la famille à Noël, la relation avec la belle-mère, la séduction et la sexualité et enfin, le party de bureau. Il y a aussi un chapitre qui parle de notre relation aux autres pendant cette fête: les repas en famille, la présence de plein de gens chez nous, comment gérer les tensions, les disputes et les cas problèmes. Pourquoi les hommes détestent les courses de Noël et les femmes font tout un plat des repas de fête? Tout simplement parce qu'ils sont différents, qu'ils perçoivent les choses différemment et que leur cerveau ne fonctionne pas de la même façon. Les auteurs ont même réécrit en quelque sorte l'histoire des trois Rois Mages et de la naissance du Christ, à la lumière de ce que l'on apprend des hommes et des femmes. Et ça m'a beaucoup amusée! Le livre est truffé de petites pensées humoristiques qui parlent des différents sujets traités. Ce livre de psychologie sans prétention m'a fait passer un très bon moment dans la cohue des Fêtes! :)
Quelques extraits:
"Les femmes n'ont pas développé leur spatialisation parce que, hormis les hommes, elles n'ont jamais chassé grand-chose." p.152
"Si un homme se risque à demander à sa compagne ce qu'il peut faire pour l'aider à préparer Noël, elle lui dressera le plus souvent une longue liste de corvées - qui inclura celles qu'elle a l'intention de faire elle-même - en ajoutant à l'occasion une préoccupation qui n'a rien à voir avec le sujet: "Eh bien, il y a la dinde à commander et à aller chercher le lendemain. Il faut que je trouve un cadeau pour Céline - je m'en occuperai demain. Si tu pouvais acheter le sapin, ce serait génial. Dis-moi, tu as rappelé ton patron? Et puis il faudrait installer les guirlandes extérieures, et aussi...". Le résultat, c'est que l'homme n'a pas la moindre idée de ce qu'il est censé faire, lui." p.112
13 décembre 2008
Christmas pudding
Agatha Christie
Le livre de poche
186 pages
Résumé:
Six nouvelles, six facettes de l'ingéniosité et du talent d'Agatha Christie. Où dissimuler, un soir de Noël, un rubis gros comme un bouchon de carafe dérobé à un prince oriental ? Quelle foi ajouter à l'intuition de cette lady qui prétend savoir, contre toute vraisemblance, qui est l'assassin de son mari ? Comment commettre un crime dans un jardin, alors qu'on vous a enfermé à double tour dans votre chambre ? Hercule Poirot et Miss Marple ont réponse à tout...
Mon commentaire:
Après avoir lu Crèmes et châtiments, un merveilleux livre qui allie la cuisine et les romans d'Agatha Christie, j'ai eu envie de prolonger le plaisir en me replongeant dans les histoires de la Reine du Crime. Ce recueil de nouvelles est très intéressant. Il regroupe en fait six histoires différentes, mettant en scène Hercule Poirot (5 histoires) et Miss Marple (1 histoire). Les histoires sont excellentes, comme la plupart du temps chez Agatha Christie. Toutefois, les six nouvelles ne traitent malheureusement pas de Noël. J'aurais beaucoup aimé un recueil sur le thème de Noël, mais à ma connaissance, seules deux histoires d'Agatha Christie parlent de Noël: Christmas Pudding et Le Noël d'Hercule Poirot. Dans Christmas Pudding, seule la première nouvelle, qui offre son titre au recueil, nous présente un Noël anglais typique de la campagne... Et c'est l'impression qu'on a, être à la campagne, dans un grand cottage anglais, entouré de jeunes gens en vacances qui ont tout leur temps. Ils profitent de la neige, du sapin, des cadeaux, mais aussi, du fabuleux repas. Sans oublier, naturellement, le fameux pudding de Noël.Cette nouvelle, qui raconte la disparition d'un rubis d'une valeur inestimable, même si elle est très simple, est probablement ma préférée. Quoique les autres sont aussi bien, mais peut-être que Christmas pudding m'a plu particulièrement parce qu'elle est de saison? J'ai aussi beaucoup aimé La mort avait les dents blanches, qui se passe dans un restaurant, avec toutes les descriptions de plats qu'on peut imaginer. On se sent encore plus dans l'atmosphère de Crèmes et châtiments! La dernière nouvelle du recueil est aussi bien intéressante, avec son atmosphère un peu étrange qu'évoque les grandes demeures mystérieuses...
Voici donc un petit résumé de chacune des histoires qui complètent ce recueil:
Christmas Pudding
Un rubis a disparu. La famille royale veut étouffer l'affaire, qui ferait grand bruit. Pour aider la famille, Poirot est invité à passer un Noël à l'ancienne, à la campagne...
Le mystère du bahut espagnol
On retrouve un homme poignardé dans un bahut espagnol, après un dîner bien arrosé. Poirot suit l'affaire dans les journaux, intrigué, jusqu'à ce qu'on fasse appel à ses services...
Le souffre-douleur
Dans une grande maisonnée anglaise, le riche Sir Reuben Astwell a été assassiné. Alors que tous soupçonnent son neveu Charles, qui a été aperçu sortant du bureau de Sir Astwell, lady Astwell demandera les services d'Hercule Poirot pour éclaircir l'affaire...
La mort avait les dents blanches
Hercule Poirot et son bon ami Henry Bonnington dînent au Gallant Endeavour. Ils discutent d'un client assis plus loin, un habitué des lieux, qui vient à ce restaurant tous les mardis et les jeudis. Sauf qu'à son dernier repas, il a commandé des plats inhabituels. Ce fait titille l'esprit de déduction de Poirot qui apprendra à sa grande stupéfaction le décès du client!
Le rêve
Benedict Farley, un riche industriel, demande la présence d'Hercule Poirot. Il lui raconte qu'il rêve, depuis plusieurs nuits, qu'une voix lui dicte de se suicider. Il a peur pour sa vie. Poirot ne peut rien pour lui et quitte le vieil homme. Une semaine plus tard, Benedict Farley est retrouvé mort. Suicide?
Le policeman vous dit l'heure
La Folie Greenshaw est une vraie curiosité locale, une maison étonnante. Y vit maintenant la petite-fille de l'aïeul Greenshaw. Lou, qui est une lointaine parente de Miss Marple, est engagée à la maison pour mettre de l'ordre dans les papiers du vieux Greenshaw en vue de publication. Enfermée à double tour dans une chambre à l'étage, elle sera témoin, à la fenêtre, d'un crime atroce...
Voilà donc un bon petit recueil de nouvelles criminelles, dont la lecture est d'autant plus appréciée à cette période de l'année, avec la cohue du temps des Fêtes. Les nouvelles permettent une lecture plus hachée et plus souvent interrompue qu'un roman. Bonne lecture! Et n'oubliez pas le pudding de Noël! (Faites attention tout de même, il peut se cacher toutes sortes de choses dans un pudding...;) )
Quelques extraits:
"J'espère que notre fête de Noël vous plaira, monsieur Poirot. Nous serons en famille, vous savez. Ma petite-fille, mon petit-fils et un camarade à lui, et puis ma petite-nièce Bridget, Diana, une cousine, et David Welwyn, un vieil ami. Une soirée entre nous, donc. Mais Edwina Morecombe m'a affirmé que c'est cela que vous vouliez voir: un Noël à l'ancienne. Eh bien, chez nous, vous serez servi! Mon mari vit complètement dans le passé. Il aime que tout soit exactement comme avant, quand il avait douze ans et qu'il venait ici pour les vacances."
extrait de la nouvelle Christmas Pudding
"À présent, c'était le moment suprême du pudding qu'on apportait en grande pompe. [...] Sur un plat d'argent, le pudding trônait dans toute sa splendeur. Un pudding gros comme un ballon de football, un rameau de houx planté triomphalement en son sommet comme un étendard et entouré de superbes flammes bleues et rouges. Il fut accueilli par des applaudissements, des oh! et des ah! d'admiration."
extrait de la nouvelle Christmas Pudding
"J'ai passé un merveilleux après-midi. Vraiment, il a tout pour lui, cet endroit. La seule chose qui manque à la bibliothèque, c'est un cadavre. Je suis sûr que c'est ce genre de salle de lecture que ces vieux auteurs de romans policiers démodés avaient en tête quand ils vous ressassaient leurs histoires de cadavre dans la bibliothèque."
extrait de la nouvelle Le policeman vous dit l'heure
12 décembre 2008
Le visiteur de Noël
Toby Forward & Ruth Brown
Gallimard Jeunesse
40 pages
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Résumé:
Une souris riche et égoïste, une souris pauvre et généreuse. Un mystérieux visiteur, un pari étonnant... Nous sommes la nuit de Noël, où tout peut arriver !
Mon commentaire:
Tim est une petite souris pauvre, qui vit dans les murs, dans une petit chambre froide et miteuse. Ben est une riche souris qui vit chez des gens fortunés où abonde la bonne chère et les cadeaux. Nous sommes le soir de Noël. Tim offre un présent à Ben, qu'il considère comme un ami, alors que ce dernier refuse. Dépité, Tim retourne chez lui. Ben empoigne sa prune confite qu'il s'est offert pour Noël et va dormir. Mais il ne trouve pas le sommeil. Un étrange petit visiteur cogne à sa fenêtre et lui fera un étrange pari.
"Écoute, je te parie que je peux trouver trois personne qui préfèreraient avoir autre chose qu'une prune confite."
Voilà donc Ben et son curieux visiteur qui vagabondent dans les rues pour vérifier ce qu'il en est. Cette histoire vous est familière? C'est que Le visiteur de Noël s'inspire librement du célèbre conte de Noël de Charles Dickens: Un chant de Noël. Les illustrations de Ruth Brown sont féériques, elles rappellent bien Londres et rendent à merveille cette belle histoire. Adapté pour les enfants, ce conte de Noël démontre qu'il n'y a pas que les cadeaux le soir de Noël et que l'essentiel, c'est d'être entouré de gens qu'on aime. Dans la société de consommation dans laquelle nous vivons, je crois que les petits comme les grands gagnent à découvrir cette histoire, qui en est une de partage, d'amour et de fraternité. Probablement un des plus jolis albums de Noël que j'ai lu ces derniers temps. Il va s'en dire que j'adore le conte de Dickens et que toutes les adaptations ou les histoires qui s'en inspirent me plaisent beaucoup! À découvrir!
À partir de 6 ans.
Une citation:
"Noël, cela m'est bien égal. Peu m'importe quel jour on est."
10 décembre 2008
Un chant de Noël
Charles Dickens
Gallimard Folio Junior
146 pages
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Résumé:
"C'est la veille de Noël, les rues sont animées et chacun prépare joyeusement le réveillon. Le vieux Scrooge, avare et solitaire, est furieux. Il refuse l'invitation de son neveu et s'enferme chez lui. C'est alors que le fantôme de son ancien associé lui apparaît, suivi bientôt de trois autres spectres plus inquiétants les uns que les autres. Scrooge est entraîné malgré lui dans un fabuleux voyage à travers le temps."
Mon commentaire:
Plus qu'un simple conte de Noël, ce livre représente pour moi une ode à la vie, une leçon toujours actuelle - même si le livre a été écrit en 1843. Il n'est pas superflu de relire cette histoire de temps à autre, pour se rappeller que l'on se doit d'apprécier ce qui s'offre à nous, d'apprécier simplement notre passage ici bas et d'en profiter pleinement. J'ai toujours envie de relire cette histoire à Noël. Principalement, parce que ces 146 pages, qui sont très prenantes et se lisent en un après-midi, résument à elles seules toute l'essence de ce que devrait être Noël. À notre époque, beaucoup de gens condamnent le caractère commercial de Noël et pestent contre toute l'entreprise qu'il y a autour de cette fête. Je crois au contraire que chacun est libre de faire de Noël ce qu'il souhaite et d'en développer l'aspect qui est le plus important pour lui: se rassembler, aider les autres, fêter avec sa famille... Des notions d'amour, de partage, de respect, de voeux sincères, de bon temps. Voilà ce que devrait être Noël. C'est aussi de cette façon que le percevait Charles Dickens.
Dickens a écrit Un chant de Noël en un peu plus d'un mois, du début octobre 1843 à la fin novembre de la même année. Le livre a été préparé par l'éditeur rapidement, afin de le faire paraître à temps pour les Fêtes. C'est l'éditeur Chapman & Hall qui l'édita, dans une belle couverture rouge agrémentée de gravures. Il se vendit environ 15000 exemplaires de ce Chant de Noël. Dans la tête de plusieurs, l'esprit de Noël est en ligne directe avec ce récit de Dickens, car il a su mettre en mots la vraie valeur de Noël, l'essence même de ce que représente véritablement cette fête. Mais que cache ce magnifique conte de Noël? L'histoire, la voilà.
Ebenezer Scrooge est un vieil avare qui mène une vie de reclus, solitaire, sans parents ni amis. Il ne donne jamais ni de son temps, ni de son argent. Il repousse du revers de la main les réjouissances, les occasions de fêter et de s'amuser, les fêtes, les rencontres. Bref, c'est un homme malheureux qui a fuit le bonheur pour se vautrer dans les pièces d'or. Il traite les autres comme des gens à son service, pour qui il n'a que peu d'estime. Il ne vit que pour les profits, l'argent, qu'il accumule sans même en profiter. Scrooge est grognon, aigri, renfermé. Il n'éprouve jamais de compassion pour le genre humain. Il mène la vie dure à son commis de bureau, Bob Cratchit, qui travaille dans le froid glacial et pour une bouchée de pain. Cratchit a une grosse famille à nourir et un enfant malade à charge. Et pourtant, malgré la pauvreté difficile, c'est un homme heureux qui apprécie le peu que la vie lui a donnée. Il aime sa femme. Il a une famille et il a conservé le pouvoir de s'émerveiller. Il apprécie le temps passé avec les siens, il fait des glissades avec des enfants sur une butte, profite du repas de Noël et de son seul jour de congé accordé par Scrooge. L'essentiel est là. Il y a sept ans, l'ami et associé de Scrooge, Jacob Marley, un vieil acariâtre, est décédé. Le soir de Noël, en rentrant chez lui, Scrooge a la surprise (et la peur aussi, un peu) de sa vie: le fantôme de Marley vient lui rendre visite! Il lui fait part de sa condition de fantôme qui est pénible et lourde à porter. Le fantôme de Marley annonce également à Scrooge qu'on lui laisse une sorte de seconde chance et que trois spectres le visiteront dans les heures à venir. Le premier spectre est le fantôme des Noëls passés. Il amène Scrooge à visiter son passé. On voit à quel point Scrooge a déjà été un jeune homme vif, amical, joyeux et qui prenait plaisir à la vie. Le second spectre est le fantôme des Noëls présents. Scrooge prend conscience de ce qu'il a perdu à choisir la voie de l'argent au détriment d'une vie personnelle bien remplie. Il constate également que les autres n'ont pas une très bonne opinion de lui... Le dernier spectre, le fantôme des Noëls futurs, en est un de silence. Ce qu'il montrera à Scrooge le terrifiera et, à genoux devant le fantôme, le vieil avare promettra de changer.
Le conte montre l'évolution d'un homme qui prend conscience de lui-même, de ce qu'il a été, de ce qu'il est et de ce qu'il sera s'il poursuit sur la même voie. L'évolution et le changement du personnage est très crédible. Peu à peu, il laisse tomber une à une les barrières qu'il avait érigé autour de lui pour se couper du monde. Il constate que la vie, ce n'est pas cela. La dernière partie, La fin de l'histoire, nous présente un Scrooge ragaillardit qui a fait le pari de changer. Changer de vie, de mentalité, de façon d'être. Devenir une meilleure personne. Cette partie, la plus courte, est un délice pour le lecteur qui voit enfin les choses rentrer doucement dans l'ordre. Ce conte moral démontre aussi que le changement peut apporter beaucoup et que nous sommes tous libres - ou non - de changer ce qui ne nous plaît pas dans notre vie. Le changement ne se fait pas sans douleur, mais il est possible et parfois, souhaitable. Ce conte me tire les larmes chaque fois que je le lis. Il remue en moi beaucoup de choses et contient une morale que l'on peut appliquer dans notre propre vie. On dit que Dickens, pendant le mois et demi où il l'a écrit, était dans un état de grande agitation, passant du rire aux larmes au fil de l'évolution de son histoire. Je n'ai pas de peine à le croire. L'écriture d'Un chant de Noël est belle, comme seule sait le faire Dickens. Les descriptions de plats, de réveillons à travers les familles, les ans, le passé et le présent sont enchanteurs. On imagine aisément la petite ville du XIXe siècle, sous un tapis de neige, en effervescence à l'approche de Noël. On ressent, en ces quelques pages, toute la magie de Noël.
Ce livre est un immense coup de coeur et un incontournable à lire en cette période des Fêtes. Si vous ne deviez lire qu'un livre de Noël en cette saison, il faut choisir celui-là. Un chant de Noël demeure, avec les années, un de mes livres préférés. C'est une histoire intemporelle et universelle, qui trouvera des échos en chacun de nous, que ce soit, ou non, la veille de Noël...
Quelques extraits:
"Une demi-douzaine des becs de gaz de la rue n'auraient pas suffi à éclairer le vestibule; vous pouvez donc imaginer qu'il faisait sombre autour de la chandelle à mèche que portait Scrooge. Il poursuivit son ascension se moquant de cela comme d'une guigne. L'obscurité ne coûte pas cher, c'est pourquoi Scrooge l'aimait." p.33
"C'est pour tout homme, une obligation que de se mêler par l'imagination à la vie de ses semblables et d'étendre en tous sens son universelle sympathie; si son âme s'y refuse pendant la vie, il ne peut y échapper après sa mort. Il est condamné à errer de par le monde [...] pour être le témoin de ce qu'il ne peut plus partager, de ce qu'il aurait pu partager sur la terre et transformer en source de bonheur." p.40
"-Joyeux Noël, mon oncle, et que Dieu vous ait en sa garde! cria une voix enjouée.
C'était le neveu de Scrooge qui était entré si vivement que cette voix fut le premier signe qu'il donne de sa présence.
-Bah! grogna Scrooge, sornettes!
Il s'était si bien réchauffé à marcher d'un par rapide dans le brouillard et le froid, ce neveu de Scrooge, qu'il en était tout en feu; ses joues rouges embellissaient son visage, il avait les yeux brillants et son haleine fumait encore.
-Des sornettes, Noël! mon oncle, dit le neveu de Scrooge. Vous ne parlez pas sérieusement.
-Si fait, dit Scrooge. Joyeux Noël! Quel droit avez-vous d'être joyeux? Quelle raison avez-vous d'être joyeux? N'êtes-vous pas pauvre?
-Allons, mon oncle, répliqua le neveu gaiement. Quel droit avez-vous d'être maussade? Quelle raison avez-vous d'être sombre? N'êtes-vous pas riche?
Scrooge ne trouva rien à répondre du tac au tac se contenta de faire: "Bah!..." et de répéter ensuite: "Sornettes!"
-Ne soyez pas grognon, mon oncle, dit le neveu
-Comment ne pas l'être, rétorqua l'oncle, lorsqu'on vit dans un monde d'insensés? Joyeux Noël!"
En complément
Un chant de Noël a inspiré nombre de créateurs, que ce soit au cinéma ou en littérature. Je vous suggère donc quelques oeuvres qui sont en lien direct avec ce célèbre conte.
Au cinéma:
- Un chant de Noël (1984)
En littérature:
- Le visiteur de Noël (Ruth Brown & Toby Forward)
07 décembre 2008
Lunik et Mira: un conte de Noël
Robin Muller
Éditions Scholastic
32 pages
Résumé:
La veille de Noël, au magasin de jouets, Lunik le chien voit une cliente emporter une petite chatte de porcelaine, son bibelot préféré. Lunik ferait tout pour récupérer sa précieuse compagne, mais hélas! tout semble jouer contre lui. Qu’il garde espoir; la nuit de Noël n’est-elle pas propice aux miracles?
Mon commentaire:
Lunik, un chien à l'oeil orné d'un clair de lune, vit dans un magasin de jouets. Sa maîtresse décore le sapin pour ses clients, qu'elle agrémente de tous les plus beaux jouets de la boutique. Lunik est un bon chien, doux, agréable avec tous. Il adore Mira, une petite figurine de porcelaine en forme de chaton. La nuit, quand sa maîtresse dort, Lunik la prend près de lui et s'endort, pelotonné contre elle. La veille de Noël, une dame vient chercher un jouet dans la boutique. Elle décide d'acheter Mira. Lunik grogne et n'est pas content. La dame prend quand même la figurine pour l'offrir à son garçon, un enfant égoïste au coeur froid. Mécontent de son cadeau, le garçon lance Mira contre le mur. La figurine éclate en morceaux... Lunik, qui a tout vu, hurle de tristesse. Mais c'est la nuit de Noël, la nuit magique par excellence où tout peut arriver...
Lunik et Mira est un joli album de Noël. Il m'a attirée parce qu'il met en scène un chien. Les illustrations sont très jolies, toutes en tendresse et en douceur. Le magasin de jouets ferait rêver n'importe quel petit (ou grand!) avec ses étagères magnifiques et son sapin de Noël gigantesque. Les images sont remplies de détails fabuleux, qui donnent tout de suite le ton à l'histoire. Lunik est un chien adorable, très attachant. La magie de Noël est là, pas très loin... il suffit d'y croire un peu! Un bel album tout beau, tout simple, non moralisateur, pour rêver un peu à la nuit magique qu'est Noël... où tout peut arriver!
À partir de 4 ans. On peut voir un extrait de l'album ici.
Un extrait:
"Quand j'étais enfant, dit la vieille dame à Lunik, on racontait que le jouet qui se trouvait en haut de l'arbre surveillait les autres jouets et s'assurait que chacun allait à la personne qui l'aimerait le plus." p.9
06 décembre 2008
Casse-Noisette: la musique en images (piano facile)
Catherine Storr & Dianne Jackson
Éditions Van de Velde
32 pages
Résumé:
Casse-Noisette, c'est la magie de la fête, l'éclat des bougies, l'odeur du sucre d'orge et le mystère de la nuit. Cette belle histoire, avec ses mots qui dansent et ses illustrations qui émerveillent, a été réinventée pour faire briller des étoiles dans les yeux des enfants, grands et petits. Un album-partition pour apprendre à jouer la musique de ce ballet.
Mon commentaire:
Casse-Noisette est sûrement le ballet le plus connu et le plus apprécié par les petits comme les grands lorsque approche Noël. C'est un ballet abordable pour tous et un spectacle magique. Ce ballet a été présenté pour la première fois en décembre 1892, à St-Petersbourg. Il s'inspire de la version du Casse-noisette d'Alexandre Dumas d'un conte d'Hoffman. La musique avait été confiée à Tchaïkovski. Pour l'anecdote, ce dernier doutait un peu de la popularité qu'aurait cette histoire. S'il vivrait aujourd'hui, je crois qu'il n'en reviendrait tout simplement pas!
Ce livre de la collection La musique en images, reprend les grandes lignes de l'histoire de Clara et de son Casse-noisette. Il s'agit d'un album adapté pour les enfants. Mais ce qu'il y a de plus beau, c'est qu'entre les différentes scènes, les auteurs nous offrent la musique de Tchaïkovski qui y correspond, des portées claires, pour les jeunes pianistes qui souhaitent jouer la musique de ce célèbre ballet. Ce sont des extraits, naturellement, mais je trouve que c'est une très belle façon d'aborder une pièce célèbre. Dans la même collection, il existe également Le lac des cygnes et La Belle au bois dormant. Je loue l'initiative de ce bel album, aux dessins de pastel tout en douceur, car il existe peu de beaux livres de musique pour jeunes ou pour débutants, afin d'aborder les grandes pièces. Je trouve souvent moi-même, qui débute seulement en musique, plus facile d'aborder les choses avec des livres dits "pour enfants", qui sont régulièrement illustrés et bien expliqués, qu'avec ceux pour adultes qui m'apparaissent souvent bien hermétiques!
Si vous le pouvez, je vous suggère d'assister à une représentation de Casse-Noisette en salle. Ce ballet est un pur ravissement. La musique est splendide. Les costumes sont toujours à couper le souffle. Le décor est somptueux. La chorégraphie présentée par les Grands Ballets Canadiens a été créée en 1964 par Fernand Nault. C'est un spectacle inoubliable. Pour l'avoir vu il y a quelques années à la Place-des-Arts, j'en garde un souvenir magique! La Souris du jour offre également la chance à un enfant présent au conte avant la représentation, par tirage au sort, de monter sur scène et d'incarner une petite souris au premier acte du ballet. Une jolie façon d'offrir à un enfant une expérience inoubliable!






