30 novembre 2009
La guerre des lumières
Louis Émond
Soulières
130 pages
Résumé:
« – On lui demande de décorer sa maison, il refuse et, le lendemain, on lui apporte des décorations de Noël ! Vous ne trouvez pas ça un peu gros ? C’est presque de l’intimidation.
– Pas de l’intimidation, de l’intégration. On a donné aux Kosky l’occasion de s’intégrer à leur quartier par ce cadeau. (…) »
Jusqu’où les résidants de la rue des Carillons iront-ils pour forcer Nicolas Kosky à faire comme eux ? Faire valoir ses principes relève-t-il de l’humanité ou de l’entêtement ?
Mon commentaire:
L'auteur s'est inspiré de la crise du verglas de 1998 qui eu lieu au mois de janvier. Il s'est questionné à savoir si cette crise aurait été vécue différemment si elle avait eu lieu à Noël. C'est donc le point de départ à toute une réflexion sur la société de consommation, l'acceptation de l'autre, les différences et le respect.
Les Kosky sont de nouveaux venus dans la rue des Carillons. Ils viennent d'arriver au pays. Les autres habitants ont pour coutume de participer à un concours chaque année, concours dont ils sont lauréats, sur la rue la plus illuminée et la plus décorée. Cependant, la maison des Kosky jure dans ce décor de Noël grandeur nature: Nicolas Kosky refuse de la décorer. Pour leurs convictions et parce qu'ils ne veulent pas perdre la face au concours, certains habitants iront très loin pour faire valoir leurs idées...
Le roman est magnifiquement bien construit. Il met en scène en quelque sorte une mini-société en créant un voisinage pour le moins intéressant, avec ses meneurs, ceux dont la conscience est mise à rude épreuve et les nouveaux arrivants qui font face à l'intimidation et au chantage.
La guerre des lumières est une histoire parfaite pour susciter des questionnements et des débats, échanger sur nos valeurs et sur nos idées, qu'elles soient relatives à la fête de Noël et à notre façon de célébrer, à la surconsommation ou à nos liens avec les autres. Un roman profondément humain sur le respect. Ce roman est un petit bijou pour le temps des Fêtes. C'est une histoire qui saura toucher les adolescents comme les adultes. Il est trop peu connu à mon avis et gagne à être lu. L'écriture est d'autant plus de qualité qu'elle est agréable à lire. Une très belle découverte!
Quelques extraits:
"Les vraies raisons de fêter Noël n'existent plus. Et il m'apparaît de plus en plus clair que ceux qui les ont tuées sont ceux-là mêmes qui tenaient tant à les garder en vie." p.60
"Mon impuissance à faire reculer le mouvement enclenché par Ken Prescott, M. Ed et moi-même, me bouleversait. Noël que j'aimais de tout mon coeur, devenait, dans ma propre rue, un objet de discorde dont le champ de bataille était le terrain de nos voisins." p.60
"C'est la loi du conflit, de l'escalade symétrique. Chacun ajoute une pièce à l'édifice jusqu'à ce que tout s'écroule. Le conflit entre l'homme et son voisin puise sa source dans la certitude qu'ils ont tous les deux raison." p.95
26 novembre 2009
Les meilleurs desserts pour diabétiques
Barbara Selley
Guy Saint-Jean éditeur
259 pages
![]()
Résumé:
Terminer un bon repas avec une petite douceur sucrée fait partie des plaisirs de la vie. Ceux qui doivent gérer leur diabète ne devraient pas s’en priver. Malgré la croyance populaire, il est possible de s’offrir des sucreries en suivant un régime alimentaire équilibré pour diabétiques. Voici 150 tentations à savourer sans remords. À vous de choisir! Du Gâteau danois à l’orange aux Biscottis au chocolat et aux cerises, en passant par les Brownies au triple chocolat, les Croquants à la vanille et aux amandes, le Gâteau au fromage marbré au café ou la Tarte au citron meringuée, tous ces desserts irrésistibles sont à la portée des diabétiques!
Mon commentaire:
Aimant cuisiner (surtout les desserts) et ayant des diabétiques dans mon entourage, je trouve parfois difficile de savoir quoi leur servir. Des petits douceurs qui plairont à tous et que chacun pourra déguster. J'ai souvent feuilleté des livres de recettes pour diabétiques, mais je n'y trouve jamais mon compte. Je trouve plus simple de préparer des plats principaux sains que des desserts. Il me fallait donc un bon livre de recettes de desserts pour diabétiques. Celui-ci est un véritable coup de coeur puisqu'il répond à tout ce que j'attends d'un tel volume.
Les recettes sont claires. Les ingrédients se trouvent facilement dans le commerce. Les recettes offrent les deux types de mesures, métriques et impériales, ce qui est un impératif pour moi en cuisine. Beaucoup de recettes se congèlent ou peuvent être apportées dans des lunchs. Le début du volume est consacré au diabète. On nous offre des informations intéressantes pour comprendre la maladie, des notes sur les différents ingrédients (par exemple, les différents types de sucre que l'on trouve dans le commerce ou les nutriments compris dans les ingrédients) et de l'aide pour réaliser les recettes. Le volume comprend une calculette et un feuillet pour compter les portions et les glucides. Le livre est conçu en collaboration avec l'Association Canadienne du Diabète.
On a longtemps pensé que les diabètes ne pouvaient intégrer aucun sucre à leur alimentation. Il est possible de s'offrir un petit dessert à la fin du repas, tout en tenant compte des portions que l'on ingère. Certaines recettes en contiennent plus que d'autres, alors que certains desserts se contentent des sucres déjà présents dans les aliments.
On peut toutefois reprocher une seule petite chose au volume: les recettes, toutes tentantes, auraient méritées d'être un peu plus illustrées. Il y a quelques photographies au centre du volume, mais la plupart des recettes n'en n'ont pas. C'est un tout petit bémol, qui en y réflchissant, augmenterait conséquemment le prix du livre. On lui pardonne donc volontiers. Les recettes sont si clairement expliquées et si simples, qu'au fond, le livre n'a pas réellement besoin de photographies.
Lorsque j'ai reçu le livre, j'ai eu envie de faire la plupart des recettes qu'il contenait. J'ai d'ailleurs commencé à en tester et je suis ravie des résultats. Elles sont toutes très faciles à faire. Il y a aussi beaucoup de recettes à base d'orange ou parfumées aux agrumes, ce qui nous convient bien puisque nous sommes toujours à la recherche de desserts différents. J'ai d'ailleurs cuisiné mes premiers biscottis et j'en referai volontiers!
Les meilleures recettes pour diabétiques m'a beaucoup emballée et c'est devenu un livre-clé lors de la préparation des desserts à la maison. N'importe qui aime agrémenter un repas d'une petite douceur, sans nécessairement manger beaucoup de sucre. Qu'on soit diabétique ou non, les recettes de ce livre donnent véritablement le goût de cuisiner. Pour se gâter, gâter notre entourage. Le temps des Fêtes qui approche en est d'ailleurs une excellente occasion!
23 novembre 2009
Les contes d'outre-tombe
Jacques Lamontagne
Les 400 coups
78 pages
Résumé:
Si un mystérieux brocanteur vous propose l'objet que vous convoitez en échange d'une simple signature au bas d'un parchemin, il vaudrait peut-être mieux vous abstenir. Sachez également que, la nuit de Walpurgis, il n'est pas bon de laisser des étrangers entrer chez soi. Et surtout, si la maison de vos rêves vous est offerte à un prix ridiculement bas, demandez-vous où se trouve le vice caché... Ce sont là quelques-uns des conseils que l'amateur pourra tirer de la lecture de ces Contes d'outre-tombe.
Mon commentaire:
Les contes d'outre-tombe sont une lecture parfaite pour s'octroyer une soirée de frissons. Cette bd a un format "comic book", donc plus petit (et plus épais) que les bandes dessinées régulières. L'histoire s'inspire d'ailleurs des Contes de la Crypte, célèbre série télévisée et avant tout un comic book des années cinquante, en fournissant nombre de petites histoires d'horreur absolument réussies. La bande dessinée commence par un trio de jeunes voyous qui s'ennuient et décident d'entrer dans un cinéma où l'on présente un festival de films d'horreur. Ils sont seuls, ce qui leur convient très bien. La bande dessinée nous présente les histoires que les jeunes visionnent et ce sont elles qui composent la bande dessinée. Nous retrouvons les jeunes à la fin de la représentation...
Tantôt suggérées, tantôt macabres, toutes les histoires sont dans la même veine et offrent quelques moments de frissons et d'horreur au lecteur. Jacques Lamontagne est bien connu pour sa série Les Druides. Il est aussi, entre autres, l'illustrateur de plusieurs couvertures de la maison d'édition Alire. Qu'il illustre des oeuvres didactiques pour un jeune public ou qu'il rende une atmosphère d'horreur absolue, son travail me plaît énormément. Le dessin est très détaillé.
Les Contes d'outre-tombe me rappellent beaucoup ces histoires dont j'étais très friande à l'adolescence. Le diable, le démon, le malain n'est jamais bien loin... À lire si vous aimez le genre, cet album est vraiment bien fait!
En complément:
Jacques Lamontagne a un site Internet où il est possible de contempler son (magnifique) travail. Il tient aussi un blogue où il parle de ce qu'il fait.
13 novembre 2009
Maudite poutine!
Charles-Alexandre Théorêt
Éditions Héliotrope
160 pages
Résumé:
De roulottes à patates en cantines, la poutine en a fait du chemin depuis son apparition dans le Québec rural des années 1950. Plus d'une fois qualifiée d'inexportable et suscitant souvent le dédain chez les plus raffinés, la poutine aurait pu rester une simple curiosité culinaire québécoise. Son originalité, son pouvoir d'attraction et son goût inégalable en ont décidé autrement. Aujourd'hui, alors que plusieurs grands chefs d'ici s'amusent à la réinterpréter, que des chansons lui rendent hommage, qu'à la grandeur du territoire les sortes de poutine se multiplient au gré de l'imagination débridée des restaurateurs, la voilà qui amorce une carrière internationale. Maudite poutine ! raconte l'histoire sans pareille de ce plat pittoresque.
Mon commentaire:
La poutine est une curiosité culinaire québécoise qui suscite à la fois la fierté et la honte. C'est un plat un peu "primitif", de fast-food, qui suscite parfois le dédain des gastronomes ou des touristes. La poutine est un plat qui a fait couler beaucoup d'encre, une étrange invention, mais connue de tous et appréciée par la majorité des gens d'ici. À peu près tous les restaurants de fast-food y compris les grandes chaînes nationales comme Mc Donald's offrent de la poutine sur leurs menus. Certaines salles à manger aussi. Chez moi, on en fait aussi à la maison de temps à autre. Le mélange fromage en grains / sauce brune / patates frites peut sembler étrange aux yeux des visiteurs ou des étrangers, alors que pour nous, ce plat fait tout simplement parti du paysage culinaire depuis bien longtemps.
Le livre très sympatique de Charles-Alexandre Théorêt a comme sous-titre "L'histoire approximative d'un plat populaire". Parce que l'histoire de ce plat n'est pas une science exacte. Plusieurs régions se battent depuis des années pour en obtenir la paternité. Qui a été le premier à l'offrir sur son menu? Qui l'a commercialisé? Drummondville et Warwick sont les deux plus féroces compétiteurs pour obtenir le titre de l'inventeur de la poutine (un restaurant de Drummondville a toutefois fait enregistrer ce nom pour lui!)
Le livre est intéressant puisqu'il nous parle de cette histoire s'étendant sur plusieurs régions. Il nous parle aussi du rapport de la poutine à l'étranger, de ceux qui ont eu l'idée de l'exporter (on retrouve aujourd'hui de la poutine aussi loin qu'à Séoul) et de ceux qui lui ont rendu hommage dans la littérature ou les chansons, comme le groupe Mes Aïeux ou alors dans l'album de Lucky Luke, La Belle Province. Succès, échecs, essais, notes, Maudite poutine! nous parle de ce plat tel qu'il est dans notre culture populaire. Il offre aussi des recettes et certains endroits où en déguster. Le livre est aussi l'occasion d'aborder l'identité culturelle et l'identité québécoise par rapport aux autres. Cet aspect est très intéressant. On parle de ceux qui aiment la poutine et de leurs détracteurs. Certains voient aussi dans ce plat populaire un met qui peut nous faire mal paraître, donner l'illusion que nous sommes inférieurs culinairement parlant. Cette comparaison touche à l'essai sociologique. Il y aurait beaucoup à creuser de ce côté là...
Je trouve intéressant pour un peuple, peu importe lequel, d'avoir des plats, des idées, des choses originales qui font parties de son patrimoine. Car que nous soyons amateurs de poutine ou que nous levons le nez sur ce plat populaire, il ne laisse pas indifférent et fera parti, à en voir la popularité toujours grandissante, de notre menu pour encore bien longtemps.
Maudite poutine! est un livre innovateur, amusant et très intéressant à lire. Il mélange l'histoire, la cuisine et la culture populaire, dans un ouvrage coloré et rempli de photos. Il a été bien apprécié à la maison!
01 novembre 2009
Zoom sur... Saint-Élie-de-Caxton: Sur la trace du merveilleux
Fred Pellerin
Éditions Sarrazine
128 pages
Résumé:
L'événement photo Zoom sur... est un événement nomade qui s'est donné deux objectifs : réunir des photographes de presse et découvrir les beaux endroits de notre pays. Pour cette cinquième édition, ils étaient trente, hommes et femmes, qui partagent la même passion : la photographie. Ils travaillent pour différentes publications, parmi les plus prestigieuses.
Cette fois-ci, ils se sont donnés rendez-vous à Saint-Élie-de-Caxton, le village mythique de Fred Pellerin, situé au Québec dans la région de la Mauricie. Les photographies prises en 15 heures, inspirées des textes de Fred Pellerin, vous feront découvrir une partie du merveilleux de Saint-Élie-de-Caxton.
Mon commentaire:
Le projet initial de ce livre est très intéressant, soit celui d'envoyer différents photographes à Saint-Élie-de-Caxton. L'objectif? Imager l'imaginaire. C'est ce que tenteront de faire trente photographes à partir des mots tirés des contes de Fred Pellerin. L'idée d'avoir le regard de différentes personnes sur un même village est un très beau projet. J'étais donc curieuse de découvrir les images de ce petit village dont tout le monde connaît maintenant le nom grâce à Fred Pellerin.
Le livre de photographies nous offre donc différents regards de la vie de tous les jours, du village et de ses habitants. Le merveilleux est capté à travers des prises de vues parfois loufoques, parfois inquiétantes, parfois sombres ou lumineuses. Des objets merveilleux, comme des pas ou des chapeaux de lutins, ont aussi été ajoutés dans certains décors.
L'idée à la base du projet me séduit, le livre un peu moins. Certaines images sont magnifiques, d'autres me semblent beaucoup moins soignées. Toute l'équipe de production a dû beaucoup s'amuser, on le sent à travers leur démarche et leurs photos, mais le produit fini me semble plutôt inégal. La photographie est tout de même une forme d'art subjectif. Tout est dans l'oeil de celui qui regarde. La plupart de ces photos ne viennent pas me chercher. À mon goût personnel, il manque justement un peu de merveilleux dans ces images. J'ai eu parfois le sentiment de regarder des photos très urbaines, soit à cause des couleurs ou du cadrage, alors que l'univers de Fred Pellerin est perdu quelque part dans le passé. C'est ce côté urbain qui m'a déçue. Ce n'est pas le cas de toutes les photos et certaines d'entre elles sont vraiment très belles. Toutefois, je m'attendais à quelque chose de très différent. Pour moi, cet ouvrage a été agréable à feuilleter pour un moment, sans plus. Même si je sais que le coût d'un livre de photographies sur papier glacé est élevé à produire, je trouve finallement son prix de vente très élevé par rapport au plaisir de la lecture. À réserver aux inconditionnels de l'univers de Pellerin ou aux collectionneurs.
30 octobre 2009
Bois du thé fort, tu vas pisser drette!
Fred Pellerin
Éditions Sarrazine
87 pages
Résumé:
Brodain Tousseur, ce fut un homme de science infuse. Un grand buveur de thé, du type à laisser traîner sa tasse toute la journée, à se réchauffer l'eau aux heures, à se laisser tremper le thé du matin au soir. Un mijoteux, qui vous trouvait du sens même ou on ne voyait pas de fond.
-Bois du thé fort, tu vas pisser drette!
Si on n'a toujours pas compris la teneur de cette phrase qu'on se répète à longueur de village, on sent toujours le sourire malgré l'hermétisme. Il est de ces mystères qui transportent la bonne humeur.
Mon commentaire:
Ce tout petit livre en est un à part dans l'oeuvre de Fred Pellerin. Le format est tout petit et peut surprendre. De plus, le livre ne contient pas de cd. Toutefois, c'est un ouvrage fort intéressant. Dans ce livre, Pellerin nous parle plus en détail de Toussaint Brodeur, le marchand général du village de Saint-Elie-de-Caxton. À travers sept chapitre, une introduction et une épitaphe, l'auteur nous brosse un portrait tout en humour de Monsieur Brodeur. Le conte n'est jamais bien loin et se cache au détour d'une phrase, d'une anecdote ou d'un événement.
Comme à son habitude, Fred Pellerin joue avec les mots et les phrases, nous plonge dans un temps qui n'est pas si lointain mais qui vit à travers les histoires qu'il nous raconte. Ses personnages, issus de la vraie vie, sont tous passionnants, humains, drôles, avec leurs lubies et leur sens de la répartie. Monsieur Brodeur ne fait pas exception!
L'oeuvre que construit Fred Pellerin au fil des ans reprend tout son petit monde de Saint-Élie-de-Caxton. C'est donc avec plaisir que nous retrouvons les références d'un livre à l'autre, d'un personnage à l'autre.
Un petit livre bien amusant à lire!
Quelques extraits:
"M'sieur Brodain Tousseur - ou Toussaint Brodeur, selon le degré de dyslexie - fut un personnage original dont les tours d'esprit hantent les souvenirs du village de Saint-Élie-de-Caxton. Il fut, par métier, un marchand général très particulier. Petit inventaire, mais grand inventeur! Il tenait tout ce qu'il ne vous fallait pas, et encore plus. Il vous cuisinait de la vente sous passion, en mélangeant le sens des affaires au sens de l'humour. Il fut l'un des rares." p.13
"Pour chaque tristesse, il y a une joie de cachée quelque part!" p.30
09 octobre 2009
Le sport vu par Schouster
Hélène Vachon
Série Les carnets de Schouster -3
Foulire
92 pages
Résumé:
Que dois-je privilégier, le corps ou l’esprit?... Pourquoi pratiquer un sport?... Quel sport pratiquer?... Quel genre de sportif suis-je?... Autant de questions existentielles épineuses auxquelles Schouster répond sans ambages, y prenant même un certain malin plaisir.
Mon commentaire:
Après le carnet 1 que j'avais beaucoup aimé et le carnet 2, quelque peu dans la même veine, voici le troisième carnet de Schouster, cet hybride philosophe, qui écrit des carnets humoristiques sur les choses essentielles de la vie. Dans ce nouveau carnet, Schouster nous parle du sport. L'auteur tente de répondre à différentes questions autour du sport: la différence entre le corps et l'esprit, quel sport choisir?, pourquoi faire du sport?, quel sportif est-on?
Ce carnet (qui comme les deux autres en a aussi le format) est dans le même style que les précédents. C'est un essai en quelque sorte sur le monde du sport, surtout en lien avec le corps humain et l'esprit sportif, en philosophie et en humour. J'aime beaucoup, comme d'habitude! L'auteur a un humour particulier, qui me plaît. Il est aussi intéressant de lire les livres dans l'ordre, puisque certaines blagues reviennent d'un carnet à l'autre. Vivement le prochain!
Un extrait:
"L'aspirant sportif est doué d'un sens inné du sacrifice. C'est un obsessif en quête d'absolu, manie qui se traduit par une profonde aversion pour le vide. Chaque minute non consacrée à l'exercice est une minute perdue. En hiver, l'aspirant fait du ski, du patin, de la raquette, de la motoneige, de la planche à neige; en été, il fait du ski nautique, du patin à roues alignées, du vélo, de la moto, de la course à pied, de la natation, de la plongée sous-marine... En automne, il attend l'hiver, aiguise ses skis, cire ses patins, lubrifie ses raquettes et farte sa motoneige; au printemps, il attend l'été, nettoie sa piscine, dort dans sa piscine, fait du vélo dans sa piscine, s'achète de nouvelles palmes et débouche son tuba." p.47
08 octobre 2009
Mon papa ne pue pas!
Andrée Poulin, illustré par Jean Morin
Isatis
24 pages
Résumé:
Dans la classe de Madame Montjoie, chaque élève présente le métier de son papa. Quand Margot annonce que son papa est éboueur, plusieurs enfants se mettent à rire. À la récréation, les garçons la taquinent: "Ton père sent le fromage moisi...", "Ton père sent le poisson pourri...". Margot a beau répéter que son papa ne pue pas, personne ne l'écoute.
Mon commentaire:
Ce joli petit album présente une thématique d'intérêt: les préjugés et les moqueries des enfants entre eux. C'est aussi l'occasion d'aborder les différents métiers et de comprendre que chaque métier est utile et apporte beaucoup, même si on croit qu'ils ne sont pas honorables. Dans cette histoire, le père de Margot trouve une belle idée afin d'aider sa fille à se sentir mieux face à son métier et à faire comprendre aux enfants qu'il est essentiel.
L'album est amusant, avec une bonne dose d'humour. Les illustrations sont colorées, vivantes et expressives. Il est matière à discussion avec les enfants, que ce soit autour du bricolage, du recyclage, du respect et des différents métiers.
À découvrir. À partir de 4 ans.
Un extrait:
"- Eugène Poubelle a demandé aux gens de mettre leurs ordures dans des boîtes avec des couvercles. La ville est devenue plus propre et le choléra a disparu.
Margot murmure à l'oreille de Manuel: -Si mon père ne ramassait pas tes déchets, tu mourrais du choléra et ce serait bon débarras. "
En complément:
L'auteur, fort sympathique, a son site web et son propre blogue. Le tout accessible ici.
04 octobre 2009
Sonate en fou mineur
Eloi Paré
Guy Saint-Jean éditeur
337 pages
Résumé:
Pascal est un compositeur doué, rongé par le désir de composer une sonate, un chef-d'oeuvre qui le propulsera au sommet de son art. Pour y parvenir, il occupe plusieurs petits boulots jusqu'à ce qu'il décroche un emploi de rêve : gardien de nuit à l'institut Saint-Martin, un hôpital psychiatrique. Là, dans le silence de la nuit, son inspiration pourra éclore sans entrave, croit-il ; il n'aura plus qu'à la laisser courir sur son piano le matin venu. C'est dans cet endroit étrange, où les couloirs résonnent de bruits lugubres et sinistres, qu'il fait la connaissance de Tristan, un jeune homme interné à cause d'une histoire sordide. Prisonnier de l'hôpital depuis sept ans, celui-ci tente de convaincre Pascal qu'il est sain d'esprit et qu'il doit à tout prix être libéré. Intrigué, le musicien-gardien se fait prendre au jeu des questions que Tristan lui impose. Et chaque nuit, Pascal alimente le jeune homme d'anecdotes banales, tranches de vie sans intérêt, qui pourtant captivent son auditeur. Ainsi s'installe une relation toute particulière où chacun devient indispensable à l'autre. Puis, les récits du gardien prennent une dimension insoupçonnée lorsqu'ils révèlent l'existence d'Agathe Dumas. Pascal devient alors bien malgré lui l'instigateur d'une relation épistolaire entre le patient et la jeune femme, chacun envoûté par l'existence de l'autre. Et c'est parmi tous ces méandres que le compositeur trouvera la « clé » de l'inspiration qu'il espérait tant, à un moment aussi surprenant qu'inattendu...
Mon commentaire:
Quel roman intrigant! L'histoire de Sonate en fou mineur est remplie de voies différentes à explorer au cours de notre lecture, voies qui nous mènent à différentes parties de la vie de Pascal. C'est un roman touffu, complexe et très bien écrit. Surtout qu'il s'agit d'un premier roman! C'est étonnant, puisqu'on a l'impression de se frotter à un écrivain qui n'en est pas à son premier livre. L'histoire est bien menée et parfaitement maîtrisée, même si on se demande souvent où l'auteur nous mène.
À partir d'une trame qui pourrait paraître assez mince (celle d'un compositeur en manque de composition), Eloi Paré mêle plusieurs intigues à son histoire pour nous offrir un roman qui attise la curiosité. Pascal trouve un emploi alimentaire dans une institution psychiatrique. Il y est gardien de nuit et la description du lieu de son travail (et des mesures de sécurité qui y sont employées) donne le frisson. Il découvre, en même temps que nous, ses étranges patients. Il fait aussi la connaissance de Tristan, avec qui il développe une amitié qui le conduira à composer sa musique.
Autour d'eux gravitent une foule de personnages, une fille qui écrit un roman, des familles étranges et complexes, une riche mélomane, une maison délabrée et toujours, le travail à l'institut. Il est difficile de raconter ce qui s'y passe, puisque les événements s'enchaînent et que c'est un roman à lire pour vraiment découvrir ce qu'il en est. Tout est dans l'atmosphère et l'imagination des personnages. Difficile de tout inclure dans un simple résumé.
Sonate en fou mineur a été une lecture très prenante. Pascal en vient à un moment à créer dans sa vie des événements à raconter à Tristan. Ces rebondissements attisent ce qu'il faut de curiosité pour tourner rapidement les pages et plonger littéralement dans cette histoire atypique. L'écriture est fluide. Le traitement du sujet est original. Et surtout, c'est un bon roman qui traite de la création, qu'elle soit reliée à la musique, à l'écriture ou à l'art. En espérant que ce premier roman ne soit pas le dernier, un auteur à surveiller et pour moi, une très très belle découverte!
03 octobre 2009
Ça déménage!
India Desjardins
Série Le journal d'Aurélie Laflamme tome 6
Les Intouchables
329 pages
Résumé:
Avant de célébrer son seizième anniversaire, Aurélie Laflamme a plusieurs choses à faire : terminer sa quatrième secondaire (obligatoire selon la loi), se trouver un travail (obligatoire selon sa mère), faire des boîtes (obligatoire selon les déménageurs) et, surtout, rester zen. De plus, elle doit se préparer mentalement à aller passer quelques jours en camping (une activité qu'elle déteste) avec ses grands-parents Charbonneau. Et si elle décidait d'y rester afin d'apprivoiser la vie sauvage? Après tout, malgré la présence d'animaux potentiellement dangereux, l'absence de connexion Internet et les araignées géantes, le grand air peut être bénéfique à tout le monde (surtout quand on veut s'éloigner d'une nouvelle maison dans laquelle on n'a pas envie d'habiter...). Même si les grands changements sont parfois terrifiants, il est temps qu'Aurélie mette ses craintes en boîte, emballe ses souvenirs et se tourne vers l'avenir.
Mon commentaire:
Ce sixième tome est rempli de changements pour Aurélie. Elle vieillit et se doit d'être plus responsable et d'affronter la vie. Elle se questionne beaucoup sur son avenir. Elle doit maintenant déménager avec sa mère et l'amoureux de celle-ci, ce qui ne l'enchante pas beaucoup car elle laisse derrière elle, la maison où son père a vécu. Elle a l'impression d'y laisser du même coup tous ses souvenirs. Elle s'éloigne de Tommy, où elle n'avait qu'à traverser une pelouse pour se rendre quand ça n'allait pas. Elle devra aussi trouver un travail pour commencer à être plus responsable (et pouvoir alléger un peu l'argent de poche que lui donne sa mère, pour s'en faire elle-même). Beaucoup de changements donc, et un été passé en camping, elle qui déteste ça!
Un bon tome, de qualité égale à la plupart des livres de cette série, rempli d'humour, de questionnements et de légèreté.
Un extrait:
"Si c'est vrai qu'on choisit soi-même son destin, à quoi je pensais quand j'ai choisi le mien?" p.283






